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Entreprendre sans grossir : pourquoi j’ai choisi le troisième wagon

17 Sep 2025 | Podcast

Entreprendre sans grossir : pourquoi j’ai choisi le troisième wagon

 

On vous a souvent expliqué qu’en business, il fallait aller vite. Être le premier. Prendre de l’avance. Accélérer avant les autres.
Avec le temps, j’ai appris que ce discours ne convenait pas à tout le monde. Et surtout, qu’il ne convenait pas à toutes les vies.

Je m’appelle Benjamin. Je suis entrepreneur, e-commerçant, consultant web, père de famille. J’ai créé, vendu, relancé des projets. J’ai connu l’excitation des débuts, la pression de la croissance, les injonctions à “scaler”, à pivoter, à grossir plus vite que la musique. J’ai aussi vu des entrepreneurs talentueux s’épuiser, se cramer, parfois réussir financièrement… puis perdre le sens.

Dans cet épisode, je vous parle d’une image simple qui m’aide beaucoup à prendre du recul : celle des trois wagons.
Le premier tire le train. Le deuxième optimise la vitesse. Le troisième avance un peu plus loin dans le convoi… mais choisit le bon moment pour accélérer.

J’ai voyagé dans les trois. Et aujourd’hui, j’ai choisi de rester dans le troisième wagon.
Pas par peur. Pas par confort. Mais par stratégie, par lucidité, et par envie de durer.

Si vous êtes entrepreneur, indépendant, e-commerçant, et que vous vous demandez s’il faut vraiment toujours aller plus vite pour réussir, je vous conseille d’écouter cet épisode avant de lire la suite.
Il pose le cadre. Le reste de l’article en est simplement le prolongement.

Pourquoi je parle de “stratégie du troisième wagon” (et pourquoi ça change tout)

 

On nous a toujours expliqué qu’en business, il fallait être le premier. Arriver avant les autres. Aller plus vite. Prendre de l’avance. Créer un écart.

Sur le papier, c’est séduisant. Dans la réalité, ça dépend énormément de qui vous êtes, de votre tempérament, et de la vie que vous voulez mener.

Avec le recul, je me rends compte que j’ai passé une bonne partie de mon parcours à naviguer entre ces injonctions :
accélérer, pivoter, saisir les opportunités, suivre les tendances, “ne pas rater le train”.

Et puis il y a eu la vie autour.

  • Les saisons qui passent.
  • La fatigue.
  • La famille.
  • Le potager.
  • Les animaux.
  • Les imprévus.
  • Les crises mondiales.
  • Les guerres.
  • Le climat.
  • L’instabilité permanente.

 

Petit à petit, une évidence s’est imposée : le business n’est jamais stable, et ceux qui tiennent sur la durée ne sont pas forcément ceux qui vont le plus vite.

C’est là qu’est née cette image des trois wagons.

Pas une théorie.
Pas un concept marketing.
Une métaphore simple, issue du terrain.

Dans un train, il y a :

  • la locomotive, qui tire tout le monde,

  • les wagons qui suivent à pleine vitesse,

  • et ceux un peu plus loin, qui avancent au même rythme… mais avec une autre logique.

J’ai voyagé dans les trois.

J’ai connu l’excitation des débuts, l’envie d’être en tête, le plaisir d’ouvrir la voie.
J’ai aussi connu la pression, la fatigue, la sensation de toujours devoir accélérer, sous peine d’être dépassé.

Aujourd’hui, j’ai fait un choix conscient : je reste dans le troisième wagon.

Pas parce que j’ai peur.
Pas parce que je manque d’ambition.
Mais parce que je veux durer, rester lucide, et garder de l’énergie pour ce qui compte vraiment.

La suite de cet article n’est pas là pour dire qu’un wagon est “meilleur” qu’un autre.
Elle est là pour vous aider à identifier le vôtre, et surtout à comprendre que choisir son wagon, c’est déjà une stratégie.

 

Wagon 1 : les pionniers, les fonceurs, la locomotive (gros potentiel, gros risque)

 

Le premier wagon, c’est la locomotive.
Ce sont ceux qui ouvrent la voie, qui arrivent avant les autres, qui essuient les plâtres.

Ils sont à 110 %.
Ils testent.
Ils expérimentent.
Ils prennent des risques que personne n’a encore pris.

On les appelle souvent les pionniers, les early adopters, les visionnaires.
Et il faut le dire clairement : sans eux, aucun marché n’existe.

Ce sont eux qui rendent les choses possibles.

Dans la tech, ce sont les premiers iPhone, avec leurs bugs, leurs limites, leurs prix élevés.
Dans l’automobile, les premières Tesla, sans réseau de recharge, avec des problèmes logiciels et des batteries encore incertaines.
Dans le photovoltaïque, les installations hors de prix, avec des onduleurs à changer tous les dix ans.
Dans l’IA, les premiers utilisateurs de ChatGPT fin 2022, entre serveurs saturés et hallucinations à répétition.

Ils avancent dans le brouillard.
Ils testent pour tout le monde.

Mais cette position a un coût.

Un coût financier, d’abord.
Être pionnier, c’est souvent payer plus cher, investir avant que le modèle soit stabilisé.
Dans beaucoup de cas, sans dopage externe, ça ne tient pas.
Levées de fonds, pression des investisseurs, objectifs de croissance imposés.

Et puis il y a le coût énergétique.

Être devant, c’est tirer tout le train.
C’est devoir accélérer en permanence.
C’est ne jamais pouvoir lever le pied.

Le taux d’échec est énorme.
On le sait, mais on préfère l’oublier : 9 startups sur 10 disparaissent.

Et même quand ça marche… ce n’est pas toujours la fin de l’histoire.

J’ai vu – et je continue de voir – des entrepreneurs se cramer, parfois très jeunes.
Certains réussissent financièrement, très vite.
Et puis, une fois le sommet atteint, il reste quoi ?
Le vide.
La fatigue.
La perte de sens.

Attention :
je ne dis pas que ce wagon est mauvais.
Je dis qu’il est exigeant, violent, et peu compatible avec la durée pour beaucoup de profils.

Il demande :

  • une tolérance au risque très élevée,

  • une capacité à encaisser l’échec,

  • une énergie presque illimitée,

  • et souvent une vie personnelle mise entre parenthèses.

Certaines personnes sont faites pour ça.
D’autres pensent l’être… jusqu’au moment où le corps, ou la tête, dit stop.

Et c’est là que la question devient intéressante :
est-ce vraiment ce wagon-là que vous devez viser ?

Wagon 2 : les challengers, les optimiseurs rapides (la data, le timing, le leadership possible)

 

Le deuxième wagon, ce sont les challengers.
Ceux qui arrivent après les pionniers, quand le marché commence à être lisible, mais pas encore totalement stabilisé.

Ils ne sont plus à 110 %, mais ils restent à 100 %.
Ce ne sont plus des explorateurs dans le brouillard, ce sont des sprinters intelligents.

Leur force, c’est l’observation.

Ils regardent ce que les pionniers ont fait.
Ils analysent leurs erreurs.
Ils profitent de datas gratuites, souvent très chères à produire au départ.

Dans la téléphonie, c’est Samsung après Apple :
plus de tailles d’écran, des fonctionnalités mieux adaptées, du waterproof, des stylets.
Dans l’automobile, c’est la Zoé, arrivée plusieurs années après Tesla, avec une stratégie plus accessible, notamment via la location de batterie au départ.
Dans le photovoltaïque, ce sont les installateurs d’aujourd’hui, avec des panneaux bien plus performants, des micro-onduleurs, des prix divisés par cinq et des aides simplifiées.

Dans l’IA, on l’a vu aussi. Beaucoup ont attendu 2023–2024.Des outils plus simples. Moins de bidouille.
Des solutions “clé en main” comme Canva pour l’image, ou des versions de ChatGPT plus stables et intégrées.

Le wagon 2 profite d’un énorme avantage : le marché est déjà éduqué.

Il n’a plus besoin d’expliquer pourquoi ça existe.
Il peut se concentrer sur comment mieux le faire.

C’est souvent dans ce wagon que naissent de très belles réussites.
Des entreprises bootstrapées, sans levée de fonds, capables de prendre le leadership pendant que les pionniers s’essoufflent.

J’ai vécu ça moi-même.
Avec des projets qui n’ont jamais levé de fonds, mais qui ont tenu, pendant que d’autres, plus visibles, plus “hype”, disparaissaient.

Mais là encore, il y a un revers.

Le wagon 2 reste très énergivore.
Il faut investir lourdement pour rattraper puis dépasser.
Il faut aller vite.
Il faut optimiser sans relâche.

Et surtout, il reste dépendant du rythme du marché.
Si celui-ci accélère brutalement, ou change de direction, il faut suivre.

Ce wagon est un excellent compromis, mais il ne règle pas tout.
Il demande encore beaucoup d’intensité, beaucoup d’arbitrages, et une forte capacité d’exécution.

Pour certains profils, c’est le wagon idéal.
Pour d’autres, c’est déjà trop.

Et c’est souvent à ce moment-là qu’une autre option apparaît… plus discrète, moins glamour, mais redoutablement efficace sur le long terme.

 

Wagon 3 : les stratèges, les endurants (écosystème mature, adoption plus simple, logique des 80%)

 

Le troisième wagon, c’est celui que j’ai choisi.

Pas par défaut.
Pas par fatigue.
Mais par lucidité.

Ce wagon arrive quand le produit, la technologie ou le marché sont mûrs.
Quand l’écosystème est en place.
Quand les usages sont clairs.
Quand les erreurs ont déjà été faites… par d’autres.

Dans ce wagon, on ne cherche plus à être le premier.
On cherche à être au bon moment.

La vitesse d’adoption est souvent très rapide, mais avec une différence majeure :
80 % de l’énergie suffit là où les deux premiers wagons en demandent 100 ou 110.

Ici, on choisit ses combats.

On ne prend pas tout.
On priorise des verticales.
On accepte de ne pas être partout.
On vise parfois une ou deux niches très précises… et on devient solide dessus.

C’est exactement ce que j’ai fait avec Ben et Flo, en me concentrant sur certains sports, certaines pièces, certains usages.
Pas pour dominer un marché entier.
Mais pour être pertinent, rentable et durable sur un périmètre choisi.

Dans ce wagon, on investit au bon moment.

En téléphonie, ce sont les sous-marques, le reconditionné, les téléphones fiables à prix raisonnable.
Aujourd’hui, je travaille avec un Huawei P30 à 100 €, qui fait parfaitement le job.
Pas besoin du dernier modèle pour produire, créer, vendre.

Dans l’automobile, ce sont les voitures électriques d’occasion, avec des batteries éprouvées et des bornes partout.
Dans le photovoltaïque, c’est un marché devenu ultra-concurrentiel, avec des prix tirés vers le bas et une masse de contenus disponibles pour comprendre et arbitrer.

Dans l’IA, c’est exactement la même chose.
Je n’ai pas sauté sur tout, tout de suite.
J’ai attendu que les outils se stabilisent, que les retours terrain arrivent.
Aujourd’hui, je m’en sers partiellement, intelligemment, sans perdre ma patte.
Et paradoxalement, c’est là que je vais le plus vite.

Le wagon 3, c’est aussi une logique d’endurance.

Moins de stress.
Moins de surchauffe.
Moins de lassitude.

On règle ses curseurs à 80 %, avec la capacité d’accélérer uniquement si nécessaire.

C’est un wagon moins visible.
Moins glamour.
Mais c’est souvent celui des entreprises qui durent.

Ces boîtes familiales de province, parfois sous les radars, qui font très bien leur travail, année après année.
On les appelle parfois des “quiet companies”.
Elles ne font pas de bruit.
Mais elles encaissent les crises.

Et quand le monde devient instable, ce n’est pas un détail.

 

Exemples concrets du 3e wagon (téléphonie, Zoé, photovoltaïque, IA, Shopify/WordPress, RFID, retail…)

 

Le troisième wagon, ce n’est pas une théorie. C’est un pattern que l’on retrouve partout quand on commence à observer les marchés avec un peu de recul.

Regarde la téléphonie. Les pionniers ont payé cher, essuyé les bugs, testé les usages. Les challengers ont optimisé. Aujourd’hui, le marché du reconditionné explose. Des téléphones fiables, puissants, largement suffisants pour 90 % des usages, à des prix divisés par deux ou trois. Résultat : un appareil à 100 € peut produire du contenu, vendre, communiquer. Le besoin réel est couvert, sans surcoût inutile.

Même logique dans l’automobile électrique. Les premiers modèles étaient chers, incertains, avec peu de bornes. Aujourd’hui, le marché de l’occasion est mature, les batteries ont évolué, les infrastructures sont en place. On ne prend plus un risque technologique, on fait un arbitrage rationnel.

Dans le photovoltaïque, c’est encore plus flagrant. Les pionniers ont payé très cher des installations parfois peu optimisées. Aujourd’hui, les prix ont chuté, les rendements ont augmenté, les solutions sont plus simples. Le marché est saturé d’informations, les comparatifs sont nombreux, les retours clients accessibles. Le troisième wagon arrive quand le brouillard s’est dissipé.

L’IA est un exemple parfait. Les premiers utilisateurs ont expérimenté, bricolé, essuyé les bugs, appris le prompt engineering à la dure. Aujourd’hui, les outils sont plus stables, plus intégrés, plus puissants. On peut les utiliser partiellement, intelligemment, sans transformer son métier en laboratoire permanent. Ce n’est plus une course à la nouveauté, c’est une question d’intégration stratégique.

Même dans le retail, on retrouve cette logique. La RFID, par exemple : certains acteurs ont investi massivement trop tôt. D’autres ont attendu que les coûts baissent et que les process soient rodés. Même chose avec les technologies de type “Just Walk Out”. Attendre ne signifie pas être dépassé. Attendre peut signifier investir au moment où le ROI devient évident.

Et dans mon propre parcours, c’est la même chose. Je n’ai pas cherché à être partout, ni à faire toutes les tendances. J’ai choisi des verticales, j’ai laissé mûrir certaines opportunités, et j’ai accéléré uniquement quand le terrain était favorable. Le résultat n’est peut-être pas spectaculaire vu de l’extérieur, mais il est stable, rentable et durable.

C’est ça, le troisième wagon : comprendre que la vraie force n’est pas toujours d’arriver le premier, mais de savoir quand entrer dans le jeu.

 

Pourquoi c’est (souvent) la stratégie la plus rentable et la plus durable (ROI, marges, sérénité, “quiet companies”)

 

Quand on regarde les choses froidement, le troisième wagon est souvent celui qui offre le meilleur rapport effort / résultat. Non pas parce qu’il est plus malin que les autres, mais parce qu’il intervient quand une grande partie du travail a déjà été faite.

Les risques technologiques sont plus faibles. Les usages sont clairs. Les coûts ont baissé. Les erreurs des autres sont visibles. Résultat : chaque euro investi est généralement plus efficace, chaque décision mieux informée. On ne parie plus sur une vision, on arbitre sur des faits.

Ce wagon permet aussi de préserver les marges. Là où les pionniers brûlent du cash et où les challengers réinvestissent en permanence pour rattraper ou dépasser, le troisième wagon peut se permettre de dire non. Non à certaines fonctionnalités. Non à certaines tendances. Non à certaines courses inutiles. Cette capacité à renoncer est souvent ce qui protège la rentabilité sur la durée.

Il y a aussi une dimension rarement évoquée : l’énergie humaine. Entreprendre n’est pas un sprint de six mois, c’est une aventure qui se compte en années, parfois en décennies. Le troisième wagon accepte cette réalité. Il ne cherche pas l’adrénaline permanente. Il cherche un rythme soutenable, compatible avec une vie personnelle, une famille, une santé mentale.

C’est pour ça qu’on retrouve beaucoup de “quiet companies” dans ce wagon. Des entreprises discrètes, souvent familiales, parfois en province, qui ne font pas de bruit mais encaissent les crises. Elles ne sont pas sur tous les salons, pas dans tous les classements, pas dans toutes les levées de fonds. En revanche, elles sont encore là quand d’autres disparaissent.

Ce modèle est aussi moins polluant, au sens large. Moins de surinvestissement, moins de surproduction, moins de décisions prises dans l’urgence. Ce n’est pas un discours militant, c’est une conséquence logique d’une stratégie qui privilégie la durée à la vitesse.

Enfin, le troisième wagon laisse une marge de manœuvre. Les curseurs ne sont jamais bloqués à 110 %. Ils sont réglés autour de 80 %, avec la capacité d’accélérer ponctuellement si une opportunité réellement intéressante se présente. Cette souplesse est précieuse dans un monde instable, où les règles changent vite.

Choisir ce wagon, ce n’est pas refuser l’ambition. C’est simplement accepter que la performance durable ne se mesure pas uniquement à la vitesse d’exécution, mais à la capacité à rester pertinent, rentable et aligné dans le temps.

 

Le revers de la médaille (prestige, inertie, boulimie d’info, concurrence, rater le bon créneau)

 

Le troisième wagon n’est pas une solution magique. Il a aussi ses angles morts, et il vaut mieux les regarder en face.

D’abord, il est moins glamour. Être en retrait de la locomotive, ce n’est pas très vendeur sur LinkedIn. Il y a moins d’effet waouh, moins de storytelling héroïque, moins de reconnaissance sociale. Pour certains profils, c’est frustrant. Si votre moteur principal est le prestige ou la visibilité, ce wagon peut vite sembler fade.

Ensuite, il y a un risque réel d’inertie. À force d’attendre que tout soit mûr, on peut repousser indéfiniment le passage à l’action. Le troisième wagon demande une vraie discipline mentale : savoir attendre, oui, mais aussi savoir décider quand le moment est venu. Ce n’est pas de la prudence molle, c’est de la stratégie active.

Il y a aussi la boulimie d’information. Quand on observe beaucoup, quand on analyse en permanence, on peut finir par consommer plus de contenu qu’on ne produit d’actions. Comparer, benchmarker, écouter, lire… sans jamais trancher. Là encore, c’est un piège classique de ce wagon.

Autre point important : la concurrence. Arriver sur un marché mature signifie souvent arriver sur un marché déjà bien occupé. Il faut donc être clair sur sa proposition, sur sa différence, sur ses priorités. Le troisième wagon n’est pas celui du “moi aussi”, mais du “moi autrement”.

Enfin, il y a le risque de rater une position de leader. En attendant trop, on peut laisser passer une fenêtre unique. Le troisième wagon n’est pas là pour éviter toute prise de risque, mais pour choisir lesquelles valent vraiment le coup.

Bref, ce wagon demande autant de lucidité que de discipline. Il ne pardonne pas l’indécision chronique, mais il récompense la clarté.

 

Conclusion : être en retard… ou choisir le bon moment ?

 

Pendant longtemps, on nous a fait croire qu’en business, être en retard était une faute. Que le seul horizon valable était la vitesse, la croissance, l’avance sur les autres.

Avec le temps, j’ai compris autre chose : être stratège, ce n’est pas être en retard. C’est choisir le bon moment pour entrer dans le jeu, avec les bonnes cartes, au bon niveau d’énergie.

Le wagon 1 ouvre la voie. Il prend les coups. Il crée les marchés.
Le wagon 2 optimise, accélère, parfois dépasse.
Le wagon 3 observe, choisit, endure et construit dans la durée.

Aucun de ces wagons n’est supérieur aux autres. Mais tous ne conviennent pas à toutes les vies, ni à tous les tempéraments.

Personnellement, j’ai choisi le troisième. Parce que je veux durer. Parce que je veux rester lucide. Parce que je veux garder de l’énergie pour ce qui compte vraiment, au-delà du business.

La vraie question n’est donc pas : “quel est le meilleur wagon ?”
La vraie question, c’est : dans lequel êtes-vous vraiment à votre place aujourd’hui ?