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Rentabilité des panneaux solaires : mon bilan réel après 8 700 € investis

21 Sep 2026 | Podcast

: ; Sommaire de l'article

J’ai dépensé un peu plus de 8 700 € pour installer 6 kWc de panneaux solaires et une batterie de 5 kWh sur ma maison en Lorraine.

Évidemment, j’avais envie de produire une partie de mon électricité. Mais très vite, j’ai commencé à regarder cette installation comme je regarde mes autres investissements : combien j’ai mis au départ, combien elle me fait économiser chaque année et combien de temps il faudra pour récupérer mon argent.

Et c’est là que le sujet devient vraiment intéressant.

Parce qu’un panneau solaire, au fond, c’est une petite machine qui produit quelque chose pendant des dizaines d’années. Plus j’utilise cette production moi-même, plus elle me rapporte. Avec une voiture électrique, une batterie, des appareils que je peux faire tourner en journée et une vie assez présente à la maison, j’ai rapidement commencé à adapter mes habitudes autour du soleil.

Au passage, j’ai découvert plein de choses auxquelles je n’avais jamais vraiment réfléchi : la consommation cachée de certains appareils, la vraie utilité d’une batterie, la différence entre kW et kWh, la puissance maximale qu’elle peut restituer, la faible valeur de la revente à EDF ou encore l’intérêt de charger une voiture quand les panneaux produisent.

Après plusieurs mois à observer tout ça, je commence surtout à avoir une idée assez précise de la rentabilité de mes panneaux solaires. Avec mes premières données et une projection sur l’année, je devrais économiser autour de 800 à 1 000 € par an, soit un rendement brut proche de 10 %.

Dans cet article, je vais donc vous montrer mes chiffres, mes erreurs, les habitudes que j’ai changées et les principaux enseignements que je tire de cet investissement.

Et si vous réfléchissez à installer des panneaux chez vous ou dans votre entreprise, la vraie question arrivera assez vite : est-ce que le calcul serait aussi intéressant dans votre situation ? J’ai justement construit un simulateur pour aller plus loin et comparer votre investissement, votre consommation, votre batterie éventuelle et votre temps d’amortissement.

Mon installation solaire : 8 700 € investis pour produire mon électricité

Pour commencer, voici exactement ce que j’ai installé chez moi.

Ma maison est située en Lorraine et les panneaux sont orientés plein sud. J’ai installé 12 panneaux de 500 W, soit une puissance totale de 6 kWc.

J’ai également choisi d’ajouter une batterie Huawei de 5 kWh. L’idée était assez simple : récupérer une partie de l’électricité produite en journée pour l’utiliser le soir et pendant la nuit.

Au total, j’ai payé :

Élément Montant
Matériel solaire 6 708 €
Main-d’œuvre 2 000 €
Investissement total 8 708 €

La batterie représente à elle seule environ 2 870 € dans cet investissement. Sans elle, mon installation serait donc revenue à environ 5 836 €.

C’est une distinction importante, car je voulais justement savoir si la batterie améliorait réellement la rentabilité de l’installation ou si elle servait surtout à gagner en autonomie.

Une installation achetée à un prix plutôt bas

Rapporté à la puissance installée, mon système sans batterie revient à environ 0,97 € par watt-crête installé.

C’est probablement l’un des éléments qui joue le plus dans mon rendement final. Quand on parle de rentabilité des panneaux solaires, on se concentre souvent sur la météo, l’orientation ou le prix de l’électricité. Pourtant, le premier facteur reste assez basique : combien avez-vous payé votre installation ?

Dans mon cas, j’ai aussi réussi à réduire fortement le prix d’achat en commandant directement le matériel chez un grossiste au Luxembourg, avec livraison possible à mon domicile en France. C’est une partie importante de l’équation : avant même d’essayer de gagner quelques pourcents d’autoconsommation supplémentaires, bien acheter son installation peut déjà changer complètement sa rentabilité.

Je partage d’ailleurs plus facilement mes références, mes contacts et ma façon de construire ce type d’achat dans l’espace membre. Si vous êtes en train de chiffrer une installation, cela peut permettre de comparer votre devis avec ce qu’il est possible d’obtenir en achetant le matériel autrement.

Deux maisons équipées exactement des mêmes panneaux peuvent donc avoir des rendements très différents simplement parce que l’une a payé son installation 6 000 € et l’autre 12 000 €.

C’est exactement la même logique que pour un investissement immobilier ou une entreprise : le prix d’achat conditionne une grande partie du rendement futur.

Mon profil de consommation joue aussi beaucoup

Je consomme environ 8 000 kWh d’électricité par an. J’ai une voiture électrique, deux congélateurs, un réfrigérateur utilisé toute l’année et un second qui fonctionne surtout l’été.

Je travaille également souvent depuis chez moi, ce qui me permet de lancer certains appareils au moment où les panneaux produisent : machine à laver, lave-vaisselle, cuisson, recharge de la voiture ou encore certains outils électriques.

À l’inverse, mon chauffage principal fonctionne au gaz et au bois. Je n’ai donc pas une énorme consommation électrique liée au chauffage pendant l’hiver.

Tout cela a son importance, car produire beaucoup d’électricité ne suffit pas. Pour améliorer réellement la rentabilité, il faut surtout réussir à consommer cette électricité au bon moment.

Combien mes panneaux solaires peuvent-ils me faire économiser chaque année ?

C’est évidemment la question que je me suis posée très rapidement : combien mes 8 700 € vont-ils réellement produire chaque année ?

Mon installation fait 6 kWc et elle est orientée plein sud en Lorraine. Sur une année moyenne, j’estime aujourd’hui sa production autour de 6 700 kWh.

Le chiffre paraît énorme, mais toute cette électricité n’a pas la même valeur. Une partie est consommée directement dans la maison, une autre passe par la batterie et le reste repart gratuitement sur le réseau puisque je n’ai pas choisi de contrat de revente.

Mon électricité achetée me coûte actuellement environ 0,217 € par kWh. Chaque kWh que je réussis à produire et consommer moi-même représente donc environ 22 centimes que je n’ai plus besoin de verser à mon fournisseur.

Avec ma batterie de 5 kWh

Sur l’année, j’estime pouvoir autoconsommer environ 65 % de ma production. Cela représente environ 4 355 kWh réellement utilisés dans la maison ou pour charger ma voiture.

Mon installation avec batterie Estimation
Production annuelle ~6 700 kWh
Taux d’autoconsommation ~65 %
Électricité réellement utilisée ~4 355 kWh/an
Économie annuelle estimée ~946 €
Investissement 8 708 €
Rendement brut première année ~10,9 %
Retour simple sur investissement ~9,2 ans

Je trouve ce chiffre assez parlant : environ 950 € d’économies par an pour un investissement initial de 8 700 €.

Je parle bien ici de rendement brut de première année. Sur une durée de 20 ou 30 ans, il faudra tenir compte du vieillissement des panneaux, d’un éventuel remplacement de l’onduleur et probablement de la batterie. À l’inverse, une hausse future du prix de l’électricité rendrait chaque kWh autoconsommé encore plus intéressant.

Et si je n’avais pas acheté de batterie ?

C’est là que le calcul devient encore plus intéressant.

Sans la batterie et son module de puissance, mon installation m’aurait coûté environ 5 836 €. Mon taux d’autoconsommation aurait probablement été plus proche de 45 %.

Mon installation sans batterie Estimation
Production annuelle ~6 700 kWh
Taux d’autoconsommation ~45 %
Électricité réellement utilisée ~3 015 kWh/an
Économie annuelle estimée ~655 €
Investissement ~5 836 €
Rendement brut première année ~11,2 %
Retour simple sur investissement ~8,9 ans

Voilà pourquoi la batterie mérite un calcul à part. Chez moi, elle me permet de récupérer environ 1 340 kWh supplémentaires chaque année, soit presque 290 € d’économies supplémentaires.

Mais elle m’a également coûté près de 2 900 €. Financièrement, l’installation sans batterie obtient donc un rendement légèrement supérieur. Avec la batterie, je gagne surtout en autoconsommation, souplesse et autonomie.

Et c’est exactement le genre de calcul qu’il faut faire avant d’acheter. Une batterie peut être très intéressante chez quelqu’un qui produit beaucoup et consomme le soir. Elle peut avoir beaucoup moins d’intérêt dans une entreprise qui utilise déjà presque toute son électricité solaire pendant la journée.

Et chez vous, quel serait le rendement ?

Le résultat peut changer complètement selon le prix payé, votre région, votre consommation, votre voiture électrique, la présence d’une batterie et votre capacité à consommer l’électricité au bon moment.

J’ai créé dans l’espace membre un simulateur plus complet pour tester votre propre projet, comparer avec ou sans batterie et calculer votre durée d’amortissement.

Les membres peuvent également me contacter plus facilement pour échanger sur leur projet. Je peux notamment partager mon retour d’expérience sur l’achat du matériel et le circuit que j’ai utilisé pour commander directement chez un grossiste au Luxembourg avec livraison en France.

Pourquoi je préfère consommer mon électricité plutôt que la revendre

Quand je parle de panneaux solaires avec mon voisin, nous ne parlons presque pas du même investissement.

Il a installé ses panneaux il y a longtemps, à une époque où le modèle consistait surtout à produire de l’électricité pour la vendre à EDF. Il revendait sa production et recevait son règlement chaque année.

Vu avec nos yeux de 2026, cela peut sembler étrange : produire de l’électricité sur son toit, la vendre, puis continuer à acheter celle dont on a besoin pour vivre. À l’époque, le calcul économique était pourtant très bon.

Il y a vingt ans, EDF pouvait acheter très cher l’électricité solaire

Au milieu des années 2000, l’État cherchait à accélérer le développement du photovoltaïque. Les panneaux coûtaient beaucoup plus cher qu’aujourd’hui et les tarifs de rachat étaient donc particulièrement généreux.

En 2006, certaines installations intégrées au bâtiment pouvaient bénéficier d’un tarif allant jusqu’à 0,55 € par kWh produit. Autour de 2010, certains tarifs résidentiels dépassaient encore les 0,50 € par kWh.

Le principe était simple : EDF achetait le solaire beaucoup plus cher que le prix auquel le particulier achetait son électricité. Il était donc logique de vendre quasiment toute sa production.

Puis le modèle a progressivement basculé vers l’autoconsommation

Le prix des panneaux a énormément baissé et les aides publiques ont suivi le même chemin.

Progressivement, le modèle est devenu : je consomme d’abord l’électricité produite sur mon toit et je revends uniquement ce que je n’arrive pas à utiliser.

Encore récemment, ce surplus pouvait être acheté autour de 10 à 13 centimes par kWh selon les périodes et les contrats. La revente permettait alors de récupérer une partie de la valeur de l’électricité inutilisée.

Le tarif s’est ensuite effondré. Début 2025, le surplus des petites installations est passé de 12,69 centimes à 4 centimes par kWh. Depuis juin 2026, le tarif réglementé prévu pour les nouvelles installations éligibles est tombé à seulement 1,1 centime par kWh hors TVA.

Période Logique dominante Ordre de grandeur du rachat
Années 2000 Vente de la production jusqu’à ~0,55 €/kWh
Années 2017-2024 Autoconsommation + vente du surplus plusieurs centimes à ~0,13 €/kWh
2025 Autoconsommation prioritaire ~0,04 €/kWh
2026 Autoconsommation encore plus importante ~0,011 €/kWh HT

Chez moi, le meilleur client de mes panneaux… c’est moi

Mon contrat d’électricité me fait payer environ 0,217 € par kWh.

À chaque fois que mes panneaux produisent 1 kWh que je consomme directement, j’économise donc environ 22 centimes.

Avec un tarif de rachat autour de 1,1 centime, ce même kWh envoyé sur le réseau rapporterait environ vingt fois moins.

C’est pour cette raison que je réfléchis désormais davantage à quand je consomme qu’à combien je peux revendre.

Je recharge ma voiture lorsque les panneaux produisent, je lance le lave-vaisselle et les machines en journée, je fais tourner certains appareils au moment où la batterie est pleine et j’essaie de déplacer les consommations que je peux déplacer.

Chaque kWh utilisé chez moi devient une petite économie supplémentaire. Additionnées sur 20 ou 30 ans, ces économies finissent par représenter une somme importante.

Le solaire est devenu un investissement pour réduire ses charges

C’est probablement le changement que je trouve le plus intéressant dans l’histoire du photovoltaïque.

Mon voisin avait installé une petite centrale électrique pour vendre de l’énergie. De mon côté, j’ai surtout installé une petite centrale pour en acheter beaucoup moins.

Pour un entrepreneur, la logique est assez familière. Gagner 1 000 € supplémentaires et économiser 1 000 € de charges n’ont pas exactement les mêmes conséquences comptables, mais dans les deux cas le patrimoine et la capacité d’épargne progressent.

Produire une partie de mon électricité me permet aussi de rendre une portion de mes dépenses futures plus prévisible. Je connais le montant investi aujourd’hui et je possède ensuite un outil capable de produire pendant plusieurs dizaines d’années.

La vraie bataille se joue donc maintenant sur le taux d’autoconsommation : plus je réussis à utiliser moi-même ce que mes panneaux produisent, plus mon investissement travaille efficacement.

Une batterie solaire est-elle vraiment rentable ?

C’est probablement la partie de mon installation sur laquelle j’ai le plus changé d’avis.

Au départ, je voyais surtout la batterie comme un équipement assez cher qui risquait de plomber la rentabilité globale. Dans mon installation, la batterie et son module de puissance représentent environ 2 870 € sur les 8 700 € investis.

Après plusieurs mois d’utilisation, je comprends beaucoup mieux son intérêt. Chez moi, elle correspond presque parfaitement à ma consommation du soir et de la nuit : elle se recharge pendant la journée et arrive généralement vide ou presque vide lorsque le soleil recommence à produire le lendemain matin.

Autrement dit, elle travaille réellement tous les jours où la production solaire est suffisante.

Ce que ma batterie change concrètement

Sans batterie, une partie importante de ma production partirait sur le réseau dès que la maison consomme moins que ce que produisent les panneaux.

Avec ma batterie de 5 kWh, une partie de ce surplus est stockée pour être utilisée quelques heures plus tard.

Dans mes projections, mon taux d’autoconsommation passe ainsi d’environ 45 % sans batterie à environ 65 % avec batterie.

Cela représente autour de 1 340 kWh supplémentaires consommés chaque année plutôt qu’envoyés sur le réseau, soit environ 290 € d’économies supplémentaires par an au prix actuel de mon électricité.

Avec un coût proche de 2 870 €, le retour simple de la batterie seule tourne donc autour de 10 ans.

Ce résultat m’a plutôt surpris. La batterie n’améliore pas énormément le rendement global de l’installation, mais elle est loin d’être inutile dans mon cas.

5 kWh de batterie ne veut pas dire 5 kW de puissance

C’est probablement l’une des choses les plus importantes que j’ai apprises.

Ma batterie peut stocker environ 5 kWh d’énergie. Pourtant, cela ne signifie pas qu’elle peut fournir 5 kW instantanément à la maison.

Mon modèle Huawei est limité à environ 2,5 kW de puissance continue avec un seul module de 5 kWh.

Je l’ai découvert très concrètement en utilisant une scie qui demande environ 4 kW. Même avec une batterie chargée à 100 %, elle ne peut fournir qu’une partie de cette puissance. Le reste doit venir du réseau ou directement des panneaux s’ils produisent suffisamment au même moment.

La comparaison la plus simple est celle d’un réservoir d’eau :

les kWh représentent la taille du réservoir ; les kW représentent la taille du tuyau.

Vous pouvez avoir un gros réservoir avec un petit tuyau. L’énergie est bien disponible, mais vous ne pouvez pas forcément la sortir assez vite.

La même limite existe au moment de recharger la batterie

Cette contrainte fonctionne aussi dans l’autre sens.

Si mes panneaux produisent fortement à midi et que la maison consomme peu, ma batterie ne peut pas forcément absorber tout le surplus d’un seul coup.

Une partie peut donc encore partir sur le réseau alors que la batterie n’est pas totalement pleine.

C’est pour cette raison qu’il faut regarder deux caractéristiques lorsqu’on compare des batteries :

  • la capacité en kWh, qui indique combien d’énergie elle peut stocker ;
  • la puissance de charge et de décharge en kW, qui indique à quelle vitesse elle peut absorber ou restituer cette énergie.

Deux batteries de 5 kWh peuvent donc avoir des comportements très différents dans la vie réelle.

La batterie est surtout intéressante lorsque la production et la consommation ne tombent pas au même moment

Chez moi, elle fonctionne bien parce que je produis beaucoup en journée et que la maison continue naturellement à consommer le soir et pendant la nuit.

Elle joue également un rôle intéressant lorsque les nuages passent. La production solaire peut tomber brutalement de plusieurs kilowatts à quelques centaines de watts. La batterie prend alors automatiquement le relais et évite de multiplier les petits prélèvements sur le réseau.

Dans une entreprise qui consomme déjà énormément pendant la journée, le raisonnement peut être complètement différent. Si presque toute la production solaire est utilisée directement au moment où elle est produite, la batterie aura beaucoup moins d’électricité disponible à stocker.

À l’inverse, une maison vide toute la journée et très consommatrice le soir peut avoir beaucoup plus intérêt à stocker son surplus.

Alors, batterie ou pas batterie ?

Avec mes chiffres actuels, l’installation sans batterie reste légèrement meilleure en rendement financier pur.

La batterie m’apporte cependant autre chose : davantage d’autoconsommation, moins d’électricité perdue sur le réseau, une consommation plus régulière de ma propre production et une petite forme d’autonomie supplémentaire.

Il faut également garder en tête que la batterie vieillira probablement plus vite que les panneaux. Les panneaux peuvent produire pendant 30 ans ou davantage, alors qu’une batterie est davantage un équipement que l’on raisonne sur une dizaine d’années ou plus selon son usage.

Je la considère donc davantage comme un outil d’optimisation que comme la partie la plus rentable de mon installation.

Et surtout, je ne choisirais jamais une batterie uniquement en regardant sa capacité en kWh. Je regarderais désormais aussi sa puissance de charge, sa puissance de décharge, sa garantie et son prix par kWh réellement utilisable.

Mes panneaux solaires ont surtout changé ma façon de consommer

Je pensais au départ que j’allais simplement installer des panneaux sur mon toit et regarder ma facture d’électricité diminuer.

En réalité, ils ont surtout changé ma manière de consommer.

Quand on commence à voir en direct que les panneaux produisent 4 000 W alors que la maison n’en consomme que 500, on finit forcément par se demander : qu’est-ce que je peux faire tourner maintenant plutôt que ce soir ?

Petit à petit, le soleil est devenu une sorte de signal pour organiser certaines tâches de la journée.

J’ai commencé par chercher où partait mon électricité

La première surprise est arrivée pendant mes vacances. Même avec presque personne à la maison, je voyais encore une consommation électrique assez importante.

J’ai donc acheté un simple wattmètre et commencé à tester les appareils un par un.

J’ai découvert quelques consommations auxquelles je ne pensais jamais : mon installation son et TV qui continuait à consommer en veille, certains appareils toujours alimentés, ou encore le compresseur de l’atelier qui pouvait rester sous tension inutilement.

En faisant simplement le ménage dans ces consommations permanentes, je suis passé d’environ 400 W de puissance de fond la nuit à environ 150 W.

Et cette économie existe désormais tous les jours, même lorsque les panneaux ne produisent rien.

C’est finalement l’un des effets secondaires les plus intéressants du solaire : produire son électricité donne soudain envie de comprendre précisément où elle part.

Je déplace maintenant mes grosses consommations pendant les heures solaires

Une grande partie de l’optimisation consiste simplement à déplacer des consommations que j’aurais faites de toute façon.

Chez nous, le lave-vaisselle, la machine à laver ou certaines cuissons peuvent facilement attendre quelques heures.

Si le soleil produit fortement à midi, je préfère donc lancer ces appareils à ce moment-là plutôt qu’à 20 heures.

J’utilise aussi davantage certains équipements énergivores pendant les belles journées : déshydrateur pour conserver les fruits du jardin, plaque électrique pour les longues cuissons ou outils électriques lorsque je travaille dehors.

Je ne consomme pas davantage juste pour utiliser mon solaire. J’essaie surtout de faire au bon moment ce que j’aurais fait quelques heures plus tard.

La voiture électrique change beaucoup l’équation

Ma Renault Zoé est probablement mon meilleur outil pour absorber une grosse production solaire.

Au début, je la rechargeais simplement sur une prise classique autour de 2 kW. Avec ma borne, je peux monter beaucoup plus haut, mais j’ai finalement choisi de limiter régulièrement la charge autour de 4 kW.

Pourquoi tirer 7 kW et acheter une partie de cette énergie au réseau lorsqu’une charge un peu plus lente peut suivre beaucoup mieux la production de mes panneaux ?

Je commence même à organiser certaines journées autour de ça. Si je pars pêcher avec la voiture et qu’elle n’est pas disponible pendant une belle journée solaire, je peux décider de la charger le lendemain pendant que je travaille à la maison ou que je coupe du bois.

Ça paraît anecdotique, mais c’est exactement ce qui fait monter le taux d’autoconsommation.

Le soleil devient presque une petite trésorerie énergétique

Je regarde maintenant l’application de production comme je pourrais regarder un compte bancaire.

Quand la batterie est pleine et que les panneaux continuent à produire fortement, je sais que j’ai de l’énergie disponible qui va sinon repartir sur le réseau.

C’est souvent à ce moment-là que je lance une recharge, une machine ou un appareil énergivore.

À l’inverse, lorsqu’une journée grise arrive, je deviens naturellement plus attentif aux consommations que je peux repousser.

Cette façon de raisonner me plaît beaucoup parce qu’elle ressemble finalement à ma manière de gérer une entreprise : utiliser une ressource lorsqu’elle est abondante et éviter de la gaspiller lorsqu’elle devient rare ou chère.

La rentabilité dépend donc aussi du mode de vie

C’est probablement l’un des points les plus importants à comprendre avant d’investir.

Une installation identique peut être beaucoup plus rentable chez deux personnes différentes.

Quelqu’un qui travaille à la maison, possède une voiture électrique et peut déplacer facilement ses consommations dispose de beaucoup d’occasions d’utiliser directement son solaire.

Une maison vide toute la journée et très consommatrice le soir aura un profil complètement différent.

Pour une entreprise, le photovoltaïque peut même devenir particulièrement intéressant lorsque les machines, bureaux, climatisations ou équipements fonctionnent justement pendant les heures où le soleil produit.

Voilà pourquoi je me méfie désormais des phrases du type « une installation solaire est amortie en X années ». Le prix d’achat compte énormément, mais le comportement du foyer ou de l’entreprise compte presque autant.

SIMULATION RAPIDE

Combien pourrait vous rapporter une installation solaire ?

Faites une première estimation en moins d’une minute. Le calcul utilise des données moyennes actuelles et votre profil de consommation.

kWc
kWh
€/kWh
Production solaire estimée 6 720 kWh/an
Solaire utilisé sur place ≈ 2 700 kWh/an
Économie annuelle estimée ≈ 594 €/an
Retour simple sur investissement ≈ 10,1 ans
Première estimation seulement. Ce calcul ne tient pas encore compte de votre batterie, de sa puissance, de votre orientation précise, de la revente du surplus ou de vos habitudes de consommation heure par heure.
ALLER PLUS LOIN

Est-ce réellement un bon investissement dans votre situation ?

Dans l’espace membre, j’ai créé un simulateur beaucoup plus précis pour comparer avec ou sans batterie, estimer votre taux d’autoconsommation, votre rendement et votre véritable durée d’amortissement.

Vous pouvez également me contacter plus facilement pour échanger sur votre projet et profiter de mon retour d’expérience sur le matériel et les circuits d’achat que j’ai utilisés pour obtenir de meilleurs tarifs.

Analyser mon investissement solaire
Le simulateur complet prend aussi en compte :
  • Batterie avec / sans stockage
  • Coût réel de la batterie
  • Autoconsommation estimée
  • Surplus revendu ou perdu
  • Orientation des panneaux
  • Profil maison ou entreprise
  • Rentabilité propre de la batterie
benjaminclerget.com

Est-ce le bon moment pour investir dans des panneaux solaires ?

Après avoir fait tous ces calculs, je me suis évidemment posé une dernière question : est-ce que j’ai acheté au bon moment ou aurais-je intérêt à attendre encore quelques années ?

L’histoire du photovoltaïque est assez intéressante à regarder avec un œil d’investisseur.

Il y a quinze ou vingt ans, les installations coûtaient énormément plus cher. En contrepartie, l’État soutenait fortement le marché avec des crédits d’impôt et des tarifs de rachat de l’électricité particulièrement élevés.

Aujourd’hui, c’est presque l’inverse. Le matériel est devenu beaucoup moins cher et plus performant, tandis que la revente de l’électricité produite rapporte très peu.

Au final, la rentabilité est restée étonnamment intéressante à différentes périodes, mais pour des raisons complètement différentes.

Je chercherais davantage à bien acheter qu’à attendre le moment parfait

C’est probablement mon principal enseignement avec mon regard d’entrepreneur.

Dans mon cas, l’installation sans batterie revient à environ 5 836 € pour 6 kWc. Avec une économie estimée autour de 650 € par an, attendre une année supplémentaire me ferait déjà renoncer à plusieurs centaines d’euros d’électricité produite.

Pour que l’attente soit réellement intéressante, il faudrait donc que le prix de l’installation baisse suffisamment pour compenser cette année de production perdue.

Or les panneaux eux-mêmes sont désormais devenus une petite partie du coût global. Il faut encore payer l’onduleur, les protections, les fixations, les câbles, la livraison et surtout la main-d’œuvre.

Je chercherais donc aujourd’hui davantage à négocier correctement mon achat, comparer les circuits de distribution et dimensionner intelligemment mon installation qu’à essayer de deviner si le panneau sera quelques euros moins cher dans trois ans.

Les panneaux sont devenus un actif de long terme

Les panneaux modernes peuvent continuer à produire pendant 30 ans ou davantage, avec une diminution progressive de leur rendement.

L’onduleur aura probablement une durée de vie plus courte et devra peut-être être remplacé une fois pendant cette période.

La batterie est encore différente. C’est l’élément sur lequel je serais le plus prudent financièrement, car elle vieillit plus rapidement et les technologies continuent à évoluer.

Si je devais aujourd’hui choisir entre attendre cinq ans pour installer mes panneaux ou attendre cinq ans avant d’acheter une très grosse batterie, j’aurais beaucoup plus de raisons d’attendre pour la batterie.

Les panneaux, eux, sont déjà devenus une technologie mature, relativement simple et peu coûteuse lorsqu’on réussit à bien acheter son installation.

Et si le prix de l’électricité augmente ?

Pour mes calculs, je préfère rester prudent et utiliser le prix de l’électricité que je paye aujourd’hui.

Je ne construis donc pas mon rendement en imaginant une explosion du prix du kWh dans dix ans.

Mais il existe un effet intéressant : chaque augmentation future du prix de l’électricité rend automatiquement mes kWh autoconsommés plus précieux.

Si mon installation est déjà rentable avec le tarif actuel, une augmentation progressive du coût de l’électricité devient simplement un bonus.

C’est aussi une petite forme de protection. J’ai payé aujourd’hui une partie de l’outil qui produira mon énergie pendant les prochaines décennies.

Autonomie énergétique : il reste quand même une grosse limite

Produire son électricité donne rapidement une impression d’indépendance. La réalité est un peu plus nuancée.

Mon installation reste aujourd’hui dépendante du réseau électrique. Avoir des panneaux et une batterie ne signifie pas automatiquement que la maison continuera à fonctionner normalement pendant une coupure générale. Il faut pour cela une installation prévue avec une fonction de secours adaptée.

Ma voiture électrique représente également une énorme réserve d’énergie. Une Renault Zoé de 52 kWh stocke environ dix fois plus d’énergie que ma batterie domestique de 5 kWh.

Le jour où les systèmes permettant d’utiliser facilement la batterie d’une voiture pour alimenter une maison se généraliseront, la logique pourrait encore beaucoup évoluer.

Ma Zoé actuelle ne me permet pas simplement de faire cela. D’autres véhicules commencent en revanche à intégrer des fonctions de recharge bidirectionnelle.

C’est probablement l’une des évolutions que je vais suivre avec le plus d’attention dans les prochaines années.

Vous réfléchissez vous aussi à investir dans le solaire ?

Dans l’espace membre, vous pouvez utiliser mon simulateur complet pour tester votre propre projet : prix d’achat, puissance, consommation, batterie, autoconsommation, rendement et durée d’amortissement.

Vous pouvez également me contacter plus facilement pour échanger sur votre réflexion et retrouver les ressources et circuits d’achat que j’utilise moi-même.