Faire de sa passion son métier : le piège de perdre sa liberté
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Faire de sa passion son métier est souvent présenté comme une forme d’aboutissement. Trouver ce que l’on aime, réussir à en vivre et construire son quotidien autour de cette activité semble être une trajectoire idéale.
J’ai moi-même longtemps suivi cette logique. J’ai créé un blog autour de sujets qui me passionnaient et, pendant un temps, beaucoup de gens imaginaient naturellement que mon objectif devait être d’en vivre. Pourtant, avec les années, j’ai découvert une autre manière de construire ma vie professionnelle.
Une activité peut aussi avoir pour rôle de financer nos passions, de nous laisser du temps pour les pratiquer et de préserver notre liberté.
Le jardin, le vélo, la pêche, la cuisine, les voyages ou simplement le temps passé avec mes enfants occupent aujourd’hui une place importante dans ma vie. Mon travail s’intègre autour de cet équilibre.
Dans cet article, je vais donc essayer de répondre à une question simple : faire de sa passion son métier est-il toujours une bonne idée ? Nous allons parler d’autonomie, de temps libre, de burnout, de passion harmonieuse et de cette frontière parfois fragile entre une activité que l’on aime pratiquer et une activité dont on dépend pour vivre.
Pourquoi voulons-nous tous faire de notre passion notre métier ?
L’idée est séduisante : trouver une activité que l’on aime suffisamment pour avoir envie de la pratiquer tous les jours, puis réussir à en tirer un revenu.
Cette recherche de la « passion » devient parfois une étape presque obligatoire lorsque l’on réfléchit à son orientation professionnelle. On cherche ce que l’on aime, ce dans quoi on est bon, puis on essaie naturellement d’en faire un métier.
Je l’ai vécu avec mon ancien blog. Quand j’ai progressivement changé d’activité, certaines personnes avaient du mal à comprendre ce que je faisais réellement. À leurs yeux, j’avais trouvé un domaine qui me passionnait et il paraissait logique que je continue dans cette direction.
Avec le recul, j’ai surtout découvert que plusieurs activités professionnelles pouvaient me convenir. Aujourd’hui, je gagne ma vie grâce à différents projets qui ont du sens à mes yeux et qui correspondent à la manière dont j’ai envie d’organiser mon quotidien.
Le travail peut être intéressant, stimulant et rentable tout en laissant une grande place à ce que l’on aime faire en dehors.
Cette distinction change beaucoup de choses. Une personne passionnée de ski peut très bien choisir un métier qui lui permet de skier régulièrement. Un passionné de jardin peut organiser son activité professionnelle pour avoir du temps au printemps. Un amateur de vélo peut rechercher de la flexibilité plutôt qu’un métier directement lié au cyclisme.
La question devient alors plus large que le simple choix d’un métier : quelle place voulons-nous réellement donner au travail dans notre vie ?
C’est justement lorsqu’une passion devient une activité professionnelle que certaines contraintes commencent à apparaître : clients, horaires, rentabilité, délais ou encore saisonnalité. Et ces contraintes peuvent progressivement modifier notre rapport à une activité que nous pratiquions jusque-là librement.
Faire de sa passion son métier peut changer notre rapport à ce que l’on aime
Une passion pratiquée librement repose beaucoup sur le choix. On décide quand on la pratique, combien de temps on y consacre, avec qui et dans quelles conditions.
Le passage à une activité professionnelle ajoute progressivement d’autres paramètres : les clients, les délais, les horaires, la rentabilité, la saisonnalité ou encore les attentes de ceux qui nous paient.
La même activité peut alors prendre une place très différente dans notre quotidien.
Quand la passion devient aussi une obligation professionnelle
J’ai longtemps entendu chez Decathlon qu’il fallait mettre les gens « sur leur talent ». L’idée était assez logique : lorsqu’une personne est naturellement à l’aise et intéressée par une activité, elle dépense souvent moins d’énergie pour la réaliser et peut y prendre davantage de plaisir.
Le risque apparaît lorsque cette passion devient une justification pour demander toujours plus.
Une série de recherches publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology s’est justement intéressée à ce phénomène. À travers plusieurs études et une méta-analyse, les chercheurs ont montré que les participants jugeaient plus acceptable de demander davantage à un salarié présenté comme passionné par son travail : heures supplémentaires non payées, tâches ingrates ou travail en dehors de ce qui était initialement prévu.
Une des explications avancées est assez simple : nous avons tendance à considérer que quelqu’un qui aime profondément son travail reçoit déjà une forme de récompense en le pratiquant.
Autrement dit, la passion peut parfois devenir une sorte de monnaie invisible.
On accepte plus facilement une faible rémunération, des journées plus longues ou certaines contraintes parce que l’activité nous plaît profondément.
Je l’ai notamment observé dans les métiers de la restauration. Certaines personnes passionnées par la cuisine acceptent des amplitudes énormes parce qu’elles aiment réellement ce qu’elles font. Un ami chef cuisinier au Luxembourg m’expliquait encore récemment avoir réalisé environ 35 heures en seulement trois jours.
Ce mécanisme mérite d’être surveillé lorsque l’on souhaite faire de sa passion son métier. Aimer son activité donne énormément d’énergie, et cette énergie peut aussi pousser à accepter des conditions que l’on aurait refusées dans un autre domaine.
Les chercheurs parlent même de passion exploitation, ou exploitation de la passion. Leur travail rappelle surtout l’importance de conserver des limites claires lorsque notre travail touche directement à quelque chose qui compte beaucoup pour nous.
La question suivante devient alors essentielle : que se passe-t-il lorsque le travail prend aussi le temps et l’énergie que nous réservions auparavant à nos loisirs ?
Vous réfléchissez à transformer une idée ou une passion en activité professionnelle ? Je peux analyser votre projet avec vous pour vérifier son modèle économique, ses contraintes et sa compatibilité avec la vie que vous souhaitez mener.
Le conflit travail-loisirs : quand son métier prend la place de sa passion
Il existe un concept assez parlant en psychologie du travail : le work-leisure conflict, que l’on peut traduire par « conflit travail-loisirs ».
Il apparaît lorsque notre activité professionnelle consomme une partie du temps et de l’énergie dont nous aurions besoin pour pratiquer nos loisirs.
Une étude publiée en 2014 dans Tourism Management, portant sur 488 salariés du tourisme et de l’hôtellerie, a notamment observé qu’un conflit travail-loisirs plus important était associé à moins de participation aux loisirs, davantage de burnout et un niveau de bien-être inférieur.
Ce phénomène devient particulièrement intéressant lorsqu’on décide de faire de sa passion son métier, car la période où notre activité professionnelle fonctionne le mieux peut parfois correspondre exactement à celle où nous aimerions profiter personnellement de cette passion.
Le paysagiste qui n’a plus le temps de profiter de son potager
J’ai un ami paysagiste, Rémi, qui aime profondément le jardin et le potager.
Au printemps, quand les beaux jours arrivent, j’ai personnellement envie de passer beaucoup plus de temps dehors. C’est le moment où le potager redémarre, où l’on plante, où l’on prépare la saison et où chaque semaine compte.
Pour Rémi, cette période correspond également à l’un des gros rushs de son entreprise. Ses clients veulent leurs aménagements extérieurs, leurs terrasses ou leurs voiles d’ombrage pour profiter de l’été.
Son savoir-faire prend donc énormément de valeur exactement au moment où il aurait lui-même envie de profiter de son jardin.
Le moniteur de ski travaille lorsque les conditions sont les meilleures
On retrouve la même logique avec un moniteur de ski.
Imaginez une grosse chute de neige, un grand soleil et un week-end où tous vos amis viennent skier. Pour un passionné, c’est probablement l’une des journées que l’on attend toute l’année.
Pour un moniteur, c’est également une journée où la demande explose.
Vacances scolaires, week-ends, belle neige et météo parfaite deviennent précisément les périodes où sa valeur professionnelle est la plus élevée.
Un moniteur que je connais m’avait d’ailleurs expliqué qu’après avoir passé ses journées à skier avec des clients, il avait parfois simplement envie de faire autre chose lorsque ses proches lui proposaient d’aller skier.
Certains métiers occupent aussi nos week-ends et nos meilleures saisons
Je vois le même phénomène autour de moi dans d’autres activités.
Gaël, un ami qui dirige une entreprise de chronométrage de courses sportives, travaille naturellement beaucoup le week-end. C’est précisément le moment où ont lieu les compétitions et où ses amis sportifs sont disponibles pour faire des activités ensemble.
Mon ancien patron Nicolas avait commencé son activité autour d’une véritable passion. Avec le développement de son entreprise et des semaines devenues très chargées, il m’expliquait avoir parfois à peine le temps de profiter de choses aussi simples que partir aux champignons quelques fois dans l’année.
Ces exemples posent une question que je trouve importante avant de professionnaliser une passion :
Est-ce que j’aimerais toujours autant cette activité si je ne pouvais plus choisir quand je la pratique, avec qui, pour qui et combien de temps ?
Notre autonomie joue un rôle énorme dans le plaisir que l’on tire d’une activité. La professionnalisation ajoute des contraintes économiques, des clients et des périodes où il faut répondre présent.
Cette question de l’autonomie nous amène justement à une distinction très intéressante étudiée par le psychologue Robert Vallerand : celle entre passion harmonieuse et passion obsessive.
Passion harmonieuse ou passion obsessive : quelle place prend votre passion ?
Le psychologue Robert Vallerand a beaucoup travaillé sur la passion et distingue deux manières assez différentes de la vivre : la passion harmonieuse et la passion obsessive.
Dans les deux cas, l’activité peut compter énormément pour nous. La différence tient surtout à la place qu’elle prend dans notre vie et à la liberté que nous conservons autour d’elle.
La passion harmonieuse : « j’ai envie »
Une passion harmonieuse s’intègre assez naturellement dans notre quotidien. Elle occupe une place importante, tout en laissant de l’espace à nos autres envies, nos proches, notre travail ou notre santé.
Je le vois assez facilement avec le sport. J’ai beaucoup couru, je pratique aussi le vélo et le triathlon. Si la météo est mauvaise, si j’ai un impératif familial ou simplement si j’ai davantage envie de faire autre chose, je peux modifier mon programme sans que cela me gâche la journée.
Le running peut laisser la place au vélo. Une sortie longue peut être déplacée. Une activité peut même disparaître pendant quelque temps puis revenir plus tard.
La passion reste alors quelque chose que l’on choisit.
La passion obsessive : « il faut »
La passion obsessive prend davantage de place et peut progressivement devenir une pression intérieure.
Prenons un exemple très simple. Mon entraîneur a prévu 100 kilomètres de vélo dimanche. Tout est écrit dans le plan. Je suis fatigué, la météo est mauvaise ou ma famille a prévu autre chose, mais je ressens malgré tout l’obligation de faire ma séance.
Si je renonce, je culpabilise. J’ai l’impression d’avoir raté quelque chose ou de ne pas avoir respecté mon engagement.
Le vocabulaire change presque tout seul :
Passion harmonieuse : « j’ai envie ».
Passion obsessive : « il faut ».
Cette distinction concerne aussi le travail.
Quand la passion pour son travail continue après la journée
Les travaux de Vallerand ont également étudié la passion dans le cadre professionnel. Une passion harmonieuse pour son travail est associée à davantage de satisfaction professionnelle et à moins de conflits avec les autres domaines de la vie.
D’autres recherches menées notamment auprès de coachs sportifs de haut niveau et d’infirmiers montrent que les personnes présentant davantage de passion obsessive ont tendance à ruminer davantage leur travail lorsqu’elles ne travaillent plus.
Cette capacité à décrocher me paraît essentielle.
On peut adorer son métier, y consacrer beaucoup d’énergie et être très investi tout en gardant des moments où le cerveau passe réellement à autre chose.
Pour quelqu’un qui souhaite vivre de sa passion, cette distinction donne donc un bon indicateur : quelle place cette activité pourra-t-elle prendre dans ma vie une fois devenue professionnelle ?
Une activité passionnante qui laisse de la liberté, du temps et la possibilité de décrocher peut devenir un excellent métier. L’enjeu consiste surtout à construire un cadre qui permette de préserver cette autonomie dans la durée.
Cette réflexion m’a progressivement amené à chercher une autre manière de construire ma vie professionnelle : choisir des activités qui ont du sens pour moi et qui s’intègrent dans la vie que j’ai envie de mener.
Faut-il vraiment vivre de sa passion ?
Vivre de sa passion peut évidemment devenir une très belle situation lorsque l’on arrive à conserver suffisamment d’autonomie autour de son activité.
Quelqu’un qui aime profondément son métier, choisit ses horaires, peut refuser certains clients, conserve du temps pour sa famille et arrive encore à décrocher le soir a probablement trouvé un équilibre très intéressant.
La question à se poser dépasse donc largement le simple fait d’aimer ou non son travail.
Quelle liberté cette activité professionnelle va-t-elle me laisser dans quelques années ?
Lorsque l’on envisage de faire de sa passion son métier, plusieurs éléments méritent d’être regardés très concrètement : le niveau de revenu nécessaire, les périodes de forte activité, les horaires, les attentes des clients, la possibilité de prendre des vacances ou encore la capacité à refuser du travail lorsque l’on en a déjà assez.
Je trouve également intéressant de réfléchir à la saisonnalité.
Un moniteur de ski réalise naturellement une grande partie de son activité pendant la meilleure période pour skier. Un paysagiste travaille énormément au printemps. Un photographe de mariage sera particulièrement sollicité les week-ends et pendant les beaux jours.
Ces contraintes peuvent parfaitement convenir à certaines personnes. Il vaut simplement mieux les connaître avant de construire toute sa vie autour d’une activité.
Avec les années, j’ai progressivement adopté une autre manière de choisir mes projets professionnels : je regarde leur rentabilité, bien sûr, mais aussi leur coût en temps, en énergie et en liberté.
Une activité peut avoir beaucoup de valeur lorsqu’elle permet de financer correctement sa vie tout en laissant suffisamment d’espace pour ses passions.
Cette logique rejoint d’ailleurs ma manière de réfléchir à la gestion du temps et des priorités : une heure disponible a parfois beaucoup plus de valeur qu’un peu de chiffre d’affaires supplémentaire.
J’ai construit Ben & Flo autour de la vie que j’aime
Mon expérience avec Ben & Flo illustre assez bien cette manière de voir le travail.
L’entreprise est née assez simplement. Lors d’un voyage à Londres, j’ai eu un coup de cœur pour un objet trouvé à Camden Market. J’ai ensuite testé une première vente sur Leboncoin, observé la demande, cherché des fournisseurs et progressivement construit une activité autour de produits de sport vintage et de décoration.
Je n’avais pas dessiné sur une feuille le métier idéal de ma vie. J’ai avancé par expérimentation, en essayant de comprendre où se trouvait la valeur pour les clients et où pouvait se construire une activité rentable.
C’est une logique que j’utilise encore aujourd’hui : expérimenter, valoriser, partager.
Choisir une niche qui laisse davantage de liberté
Le fait d’évoluer sur des produits assez spécifiques nous permet d’avoir moins de concurrence directe que sur des marchés très standardisés.
Cette spécialisation donne davantage de latitude sur les prix, la personnalisation et la manière de présenter les produits. Je peux ainsi privilégier la marge et la qualité du travail plutôt que chercher uniquement à vendre davantage de volume.
J’apprécie aussi la possibilité de dire non à certains projets. Une entreprise devient beaucoup plus agréable à gérer lorsque chaque commande n’est pas indispensable à sa survie.
Une saisonnalité compatible avec mon mode de vie
La personnalisation et l’univers du cadeau occupent une place importante chez Ben & Flo. L’activité augmente donc fortement à l’approche de Noël.
Cette saisonnalité me convient particulièrement bien.
Je travaille davantage lorsque les journées raccourcissent et que la météo devient mauvaise. L’hiver, passer plusieurs heures dans l’atelier ou devant mon ordinateur me pose assez peu de problèmes.
Lorsque reviennent le printemps et les beaux jours, j’ai davantage envie d’être dehors : potager, vélo, pêche, bricolage ou temps passé avec ma famille.
Je peux alors réduire certains travaux, anticiper une partie de la charge pendant l’hiver et organiser mes projets en fonction des saisons.
Quelques journées de pluie peuvent même devenir des périodes de deep work consacrées au SEO, à la création de contenu ou à l’amélioration du site. Le travail effectué à ce moment-là peut continuer à produire des résultats plusieurs mois plus tard.
Un travail à 8 sur 10 peut être une excellente affaire
Si je devais noter le plaisir que je prends dans mon activité professionnelle, je serais probablement autour de 8 sur 10.
Ce niveau me convient très bien.
L’activité m’intéresse, elle me permet de créer, de chercher des produits, de tester des idées, de travailler le marketing, le SEO, la personnalisation ou encore le e-commerce.
Et surtout, je sens que je peux continuer longtemps de cette manière.
Quand mes véritables passions m’appellent, je peux couper. Je vais faire du vélo, travailler dans le potager, pêcher ou passer du temps avec mes enfants.
J’ai progressivement construit mon activité autour de la vie que j’aime.
Cette organisation compte aujourd’hui énormément dans ma définition de la réussite.
Si vous êtes en train de construire votre activité et que vous voulez vérifier si votre modèle économique est réellement compatible avec la vie que vous souhaitez mener, je peux analyser votre projet avec vous.
Quel métier peut rendre possible la vie que vous voulez mener ?
Avec le temps, j’ai appris à regarder le travail comme une pièce parmi d’autres dans ma vie.
Mon activité m’intéresse, me stimule, me permet d’apprendre, de créer et de gagner correctement ma vie. Elle laisse également suffisamment de place pour tout ce qui compte autour.
Lorsque je réfléchis à une nouvelle activité ou à un nouveau projet, j’aime donc commencer par quelques questions très simples.
Quelle vie avez-vous envie de mener ?
De combien d’argent avez-vous réellement besoin ? Combien de temps voulez-vous garder pour vous ? À quelles périodes de l’année souhaitez-vous être disponible ? Quelles activités voulez-vous continuer à pratiquer librement ? Quelle place voulez-vous laisser à votre famille, à vos amis, à votre santé ou à vos passions ?
Puis vient une dernière question : quelle activité professionnelle peut rendre cette vie possible ?
J’ai construit progressivement mon écosystème autour de Ben & Flo et de mes autres activités en suivant cette logique.
Cette liberté a aujourd’hui énormément de valeur à mes yeux. Je la considère même comme une forme de richesse.
Le vrai luxe tient peut-être simplement là : garder suffisamment de temps, d’énergie et de liberté pour continuer à aimer les choses que l’on aime.
FAQ : faire de sa passion son métier
Est-ce une bonne idée de faire de sa passion son métier ?
Faire de sa passion son métier peut être une excellente expérience lorsque l’activité permet de conserver suffisamment d’autonomie, de temps libre et d’équilibre avec les autres dimensions de sa vie. Il faut également regarder très concrètement la rentabilité, les horaires, la saisonnalité et les contraintes liées aux clients.
Peut-on se lasser de sa passion en en faisant son métier ?
Une passion professionnelle peut évoluer lorsque l’on ajoute des obligations, des clients, des horaires ou des objectifs économiques. La recherche distingue notamment la passion harmonieuse, qui conserve une place équilibrée dans la vie, et la passion obsessive, qui peut prendre davantage de contrôle et générer plus de conflits avec les autres activités.
Comment choisir un métier quand on a plusieurs passions ?
Il peut être utile de partir du mode de vie que l’on souhaite construire : revenus nécessaires, temps disponible, rythme de travail, lieu de vie et périodes où l’on souhaite être libre. Une activité professionnelle peut ensuite être choisie en fonction de sa capacité à financer et préserver ce mode de vie, même lorsqu’elle ne correspond pas directement à l’une de nos grandes passions.
Études citées dans cet article
Pour aller plus loin sur les sujets abordés dans cet article :
Conflit travail-loisirs :
Lin Y.S., Huang W.S., Yang C.T. et Chiang M.J., Work–leisure conflict and its associations with well-being: The roles of social support, leisure participation and job burnout, Tourism Management, 2014.
Consulter l’étude
Passion pour le travail, rumination et récupération :
Donahue E.G., Forest J., Vallerand R.J. et al., Passion for Work and Emotional Exhaustion: The Mediating Role of Rumination and Recovery, Applied Psychology: Health and Well-Being, 2012.
Consulter l’étude
Exploitation des salariés passionnés :
Kim J.Y., Campbell T.H., Shepherd S. et Kay A.C., Understanding contemporary forms of exploitation: Attributions of passion serve to legitimize the poor treatment of workers, Journal of Personality and Social Psychology, 2020.
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